PORTRAIT - POSITIONS - ENGAGEMENTS - COMMUNIQUES - AGENDA - SOUTIEN

Un concentré de Suisse – entre lutte et politique

Tous les trois ans a lieu la Fête fédérale de lutte et des jeux alpestres. Les 270 meilleurs lutteurs du pays s’y retrouvent pour s’affronter et désigner le roi de la lutte. Cette manifestation de tous les superlatifs s’est déroulée il y a quelques semaine à Mollis, dans le canton de Glaris.

Quelques chiffres donnent le vertige : 56'500 spectateurs dans une arène spécialement construite pour l’occasion, 270 journalistes accrédités, 450'000 saucisses, 4 tonnes de pain, 270'000 litres de bière, 24'000 litres de vin et 5'400 litres de schnaps consommés.

On entre dans l’arène sans contrôle, avec ses couteaux, son pique-nique, ses bouteilles, signe de la grande confiance accordée à chaque spectateur. Un système qui n’est malheureusement plus envisageable pour bien des sports.

Avant chaque combat, les lutteurs se serrent la main et, à la fin, le vaincu se fait brosser le dos par signe de respect.

Au total, 350'000 visiteurs – initiés ou simples curieux – venus de toute la Suisse ont afflué. Les athlètes de notre région, Alex Schär ainsi que les frères Étienne et Matthieu Burger, ont su nous faire vibrer et porter haut les couleurs du Jura bernois.

Quel lien avec cette rubrique politique ?
Évidemment, nos sessions parlementaires ne comptent ni autant de spectateurs ni autant de saucisses et de bières. Mais, quatre fois par an, durant une quinzaine de jours, 160 personnes élues, venues d’horizons, de régions et de sensibilités très différentes, se retrouvent au Rathaus à Berne.

Là aussi, on « lutte » : chacun défend ses idées, expose sa vision, défend les intérêts de sa région – avec des intérêts parfois diamétralement opposés – et débat, souvent longuement, pour au final trouver des compromis.

Toujours dans le respect, même après avoir été désavoué par l’assemblée ou avoir désavoué le gouvernement. Quel que soit le résultat, au terme des discussions, chacun accepte la décision du vote, dont les conséquences concernent toute la population du canton.

Un contraste saisissant avec, à tout hasard, nos voisins français qui, récemment encore, ont montré des débats houleux : invectives, huées, sifflets, motions de censure, jusqu’à mettre un Premier ministre au pilori politique.

Chez nous, dans notre démocratie qu’il faut chérir, rien de tout cela, sans doute parce que c’est toujours nous, citoyennes et citoyens, qui décidons. Le prochain grand rendez-vous politique, ce sera en mars 2026 : vous élirez celles et ceux qui représenteront vos idées au Rathaus pour la législature 2026–2030.

Les personnes que vous élisez ont la responsabilité d’élaborer et d’adopter les lois cantonales, de voter le budget, d’approuver les comptes, de surveiller l’action du Conseil-exécutif (le gouvernement cantonal) et de l’administration, de poser des questions, d’interpeller, de créer des commissions d’enquête et d’élire certaines autorités (comme le chancelier d’État ou les juges des tribunaux supérieurs). Un peu moins « sexy » qu’une fête de lutte, mais fondamental pour le fonctionnement de notre région et de notre canton.

Pour (re)vivre une Fête fédérale, rendez-vous du 25 au 28 août 2028 à Thoune, qui accueillera cet événement grandiose et mettra à l’honneur notre magnifique canton et nos régions.
Maxime Ochsenbein, Bévilard